Presse
AVEC RICORT, NICE PREND DU CORPS
Le retour cet été de Roger Ricort à un poste de directeur sportif qu'il avait quitté il y a dix-sept ans s'inscrit dans une démarche de revenir à l'ADN de l'OGC Nice. Mais l'ampleur de sa tâche est monumentale.
Un jour de fin juin, il a pénétré dans la demi-coupole en verre, baignée de lumière, qui marque l'entrée ultramoderne du centre d'entraînement niçois, inauguré en 2017. Roger Ricort n'y avait jamais travaillé. Son départ du club datait de 2009, un autre temps, mais c'était comme si l'ancien joueur et dirigeant des Aiglons revenait à la maison.
Peut-être a-t-il été étonné, comme Maurice Cohen l'hiver dernier, à son retour à la tête du club, de découvrir le ballet régulier des employés, allant d'un bureau à l'autre. Ils sont plus nombreux qu'à son époque, signe que le club a évolué depuis son dernier passage au début des années 2000 dans le rôle de directeur sportif. Mais, lui, dix-sept ans après son départ, n'a pas changé tant que ça, à entendre ceux qui le connaissaientàt époque.
L'ancien rugueux milieu passé par Monaco (1977-1983), par le Toulon de son grand ami Rolland Courbis (1984-1987), et par Nice évidemment (1987-1990), traîne son sourire dont il semble peu se départir et sa bonhomie, qui en font un homme apprécie de tout l'environnement niçois. Ricort ne manie pas la langue de bois, et les suiveurs du club ont pu s'en apercevoir dès sa conférence de presse d'intronisation, aux côtés de Cohen, dont il est toujours resté proche, et du nouveau coach, Olivier Pantaloni, croisé au club à la fin des années 1980 quand le Corse, alors étudiant, avait intégré les équipes de jeunes de l'OGCN.
« Je suis le premier surpris d'être là »
Roger Ricort, nouveau directeur sportif de Nice
Interrogé sur le cas de Terem Moffi, pris en grippe par le public (*), il a lancé une phrase choc - « On ne respecte pas forcément l'homme, mais on est obligés de respecter le joueur » - qui a plu sur la Côte d'Azur mais qui a beaucoup fait parler dans le football francais. « Il s'entraine tous les jours avec nous. Je n'ai rien contre lui. Mais pourquoi ça serait toujours aux clubs de la fermer ? nous a questionné Ricort cette semaine à propos de cette sortie. Les joueurs, parfois, ne manquent-ils pas de respect aux clubs ? Peut-étre que ça a été mal compris, mais moi, je veux juste qu'on saisisse qu'ici, on ne fait pasn importe quoi. »
Cette dernière phrase s'impose comme le nouveau mantra local. Nice entend retrouver son ADN, les valeurs qui font son identité. Alors qui, finalement, pouvait mieux les incarner que Cohen et Ricort, sorti, à 67 ans, de sa retraite pour aider le Gym ? Revenu à la présidence en décembre, le premier a presque automatiquement pensé à son ami pour le seconder. « Au départ, il m'a juste dit : "J'aimerais t'avoir auprès de moi". mais il n'y avait rien de concret et c'était pour une sorte de rôle de conseiller du président », retrace Ricort.
Puis, au fil des mois, alors que Nice se faisait lacher par Gregory Lorenzi puis par Geoffrey Moncada, l'occasion s'est présentée. Et Ineos, le propriétaire du club, a validé ce retour. « Je suis le premier surpris d'être là, rigole Ricort, qui décrit le contexte de sa nomination. Un jour, Maurice (Cohen) m'appelle : T'as une heure pour venir signer ton contrat. Il se doutait que j'allais le rejoindre. J'ai juste eu le temps d'appeler mes proches, qui m'ont répondu: "Et tu n'es pas encore dans la voiture ? »
Le duo s'est reformé le 1er juillet. Le courant avec Pantaloni est tout de suite passé. En attendant qu'Ineos finisse par trouver un repreneur, les dirigeants ont pour objectif de relancer un club à la dérive, et tant pis s'ils n'ont aucune idée du temps dont ils disposent pour cela. « Si c'est pour six mais, ce sera pour six mois, tranche Ricort, enthousiaste. Je suis conscient que je ne suis pas l'avenir de Nice, mais je peux être un bon présent. »
Pointage des joueurs à l'arrivée et interdiction de parler anglais
Il est conscient, aussi, qu'une tâche monumentale l'attend. Alors qu'Ineos, après avoir d'abord arrêté des objectifs moins élevés, a fini par fixer à 70 millions d'euros (!) l'économie à réaliser en transferts et en salaires, Ricort s'est plongé dans un mercato crucial au cours duquel une large partie de l'effectif est poussée vers la sortie. A commencer par les indésirables Moffi et Kevin Carlos. qui pourrait être invités à s'entraîner avec la réserve à son retour (il est absent, parti au chevet d'un prochel après avoir refusé Samsunspor (Turquie) et Preston (Championship).
Le temps presse, à cinq semaines de la clôture du marché. Chose positive, à l'entendre, Ricort n'a pas eu de mal à retrouver ses habitudes de directeur sportif: « C'est plus facile aujourd'hui. Ce qu'on faisait à deux ou trois à l'époque, on est huit à le faire maintenant grâce à la cellule de recrutement. » Avec Pantaloni, il a imposé une nouvelle discipline aux joueurs. Ils doivent notamment pointer à leur arrivée, tout le monde mange ensemble et l'anglais est interdit. Et Ricort organise un entretien individuel chaque matin. « Je n'aime pas les effets d'annonce, mais si on doit changer, il faut commencer par la mentalité. »
(*) Aperçu en train de rire avec son ex-président, Loic Féry, après une défaite à Lorient (1-3), il a été pris pour cible lors de la fameuse descente du car le 30 novembre, puis exfiltré en prét à Porto. Il lui est aussi reproché d'avoir « liké » un post surles reseaux sociaux faisant mention d'une défaite nicoise à Auxerre (0-1).
Un jour de fin juin, il a pénétré dans la demi-coupole en verre, baignée de lumière, qui marque l'entrée ultramoderne du centre d'entraînement niçois, inauguré en 2017. Roger Ricort n'y avait jamais travaillé. Son départ du club datait de 2009, un autre temps, mais c'était comme si l'ancien joueur et dirigeant des Aiglons revenait à la maison.
Peut-être a-t-il été étonné, comme Maurice Cohen l'hiver dernier, à son retour à la tête du club, de découvrir le ballet régulier des employés, allant d'un bureau à l'autre. Ils sont plus nombreux qu'à son époque, signe que le club a évolué depuis son dernier passage au début des années 2000 dans le rôle de directeur sportif. Mais, lui, dix-sept ans après son départ, n'a pas changé tant que ça, à entendre ceux qui le connaissaientàt époque.
L'ancien rugueux milieu passé par Monaco (1977-1983), par le Toulon de son grand ami Rolland Courbis (1984-1987), et par Nice évidemment (1987-1990), traîne son sourire dont il semble peu se départir et sa bonhomie, qui en font un homme apprécie de tout l'environnement niçois. Ricort ne manie pas la langue de bois, et les suiveurs du club ont pu s'en apercevoir dès sa conférence de presse d'intronisation, aux côtés de Cohen, dont il est toujours resté proche, et du nouveau coach, Olivier Pantaloni, croisé au club à la fin des années 1980 quand le Corse, alors étudiant, avait intégré les équipes de jeunes de l'OGCN.
« Je suis le premier surpris d'être là »
Roger Ricort, nouveau directeur sportif de Nice
Interrogé sur le cas de Terem Moffi, pris en grippe par le public (*), il a lancé une phrase choc - « On ne respecte pas forcément l'homme, mais on est obligés de respecter le joueur » - qui a plu sur la Côte d'Azur mais qui a beaucoup fait parler dans le football francais. « Il s'entraine tous les jours avec nous. Je n'ai rien contre lui. Mais pourquoi ça serait toujours aux clubs de la fermer ? nous a questionné Ricort cette semaine à propos de cette sortie. Les joueurs, parfois, ne manquent-ils pas de respect aux clubs ? Peut-étre que ça a été mal compris, mais moi, je veux juste qu'on saisisse qu'ici, on ne fait pasn importe quoi. »
Cette dernière phrase s'impose comme le nouveau mantra local. Nice entend retrouver son ADN, les valeurs qui font son identité. Alors qui, finalement, pouvait mieux les incarner que Cohen et Ricort, sorti, à 67 ans, de sa retraite pour aider le Gym ? Revenu à la présidence en décembre, le premier a presque automatiquement pensé à son ami pour le seconder. « Au départ, il m'a juste dit : "J'aimerais t'avoir auprès de moi". mais il n'y avait rien de concret et c'était pour une sorte de rôle de conseiller du président », retrace Ricort.
Puis, au fil des mois, alors que Nice se faisait lacher par Gregory Lorenzi puis par Geoffrey Moncada, l'occasion s'est présentée. Et Ineos, le propriétaire du club, a validé ce retour. « Je suis le premier surpris d'être là, rigole Ricort, qui décrit le contexte de sa nomination. Un jour, Maurice (Cohen) m'appelle : T'as une heure pour venir signer ton contrat. Il se doutait que j'allais le rejoindre. J'ai juste eu le temps d'appeler mes proches, qui m'ont répondu: "Et tu n'es pas encore dans la voiture ? »
Le duo s'est reformé le 1er juillet. Le courant avec Pantaloni est tout de suite passé. En attendant qu'Ineos finisse par trouver un repreneur, les dirigeants ont pour objectif de relancer un club à la dérive, et tant pis s'ils n'ont aucune idée du temps dont ils disposent pour cela. « Si c'est pour six mais, ce sera pour six mois, tranche Ricort, enthousiaste. Je suis conscient que je ne suis pas l'avenir de Nice, mais je peux être un bon présent. »
Pointage des joueurs à l'arrivée et interdiction de parler anglais
Il est conscient, aussi, qu'une tâche monumentale l'attend. Alors qu'Ineos, après avoir d'abord arrêté des objectifs moins élevés, a fini par fixer à 70 millions d'euros (!) l'économie à réaliser en transferts et en salaires, Ricort s'est plongé dans un mercato crucial au cours duquel une large partie de l'effectif est poussée vers la sortie. A commencer par les indésirables Moffi et Kevin Carlos. qui pourrait être invités à s'entraîner avec la réserve à son retour (il est absent, parti au chevet d'un prochel après avoir refusé Samsunspor (Turquie) et Preston (Championship).
Le temps presse, à cinq semaines de la clôture du marché. Chose positive, à l'entendre, Ricort n'a pas eu de mal à retrouver ses habitudes de directeur sportif: « C'est plus facile aujourd'hui. Ce qu'on faisait à deux ou trois à l'époque, on est huit à le faire maintenant grâce à la cellule de recrutement. » Avec Pantaloni, il a imposé une nouvelle discipline aux joueurs. Ils doivent notamment pointer à leur arrivée, tout le monde mange ensemble et l'anglais est interdit. Et Ricort organise un entretien individuel chaque matin. « Je n'aime pas les effets d'annonce, mais si on doit changer, il faut commencer par la mentalité. »
(*) Aperçu en train de rire avec son ex-président, Loic Féry, après une défaite à Lorient (1-3), il a été pris pour cible lors de la fameuse descente du car le 30 novembre, puis exfiltré en prét à Porto. Il lui est aussi reproché d'avoir « liké » un post surles reseaux sociaux faisant mention d'une défaite nicoise à Auxerre (0-1).
